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 « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥.

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J. Midnight Monroe

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MessageSujet: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Jeu 12 Jan - 21:32





« CALLING OF BLOOD. »


Marchant dans les rues étroites de la Nouvelle-Orléans, ton regard vascillait d'un bout à l'autre de l'asphalte, l'obscurité ne te dérangeant que moyennement. L'odeur d'ordures te dérangeait, mais celle du sang la couvrait, faisant grogner la Bête qui sommeillait en toi. Celle qui te demandait sans cesse de la nourrir, de plonger tes crocs dans des corps dont le destin t'importait peu. Tu n'en avais pas le droit. Les Vampires, ta race, étaient censés se contenter des Calices et des banques de sang. Mais tu n'approuvais pas cette méthode. Tu ne tuais pas tes proies, mais t'en nourrissais goulument. Tu t'étais toujours sentie à part de cette race que vous appeliez "Humaine". Différente. Et tu l'avais prouvé par les meurtres sanglants et ignobles que tu avais commis, sous la tutelle de cette légende que les Humains appelaient Jack L'Eventreur. Ton esprit vagabondait, passant encore et encore sur tes meurtres à la Nouvelle-Orléans. Tu y étais arrivée depuis peu, quelques années quand même, mais tu n'avais pas tardé pour commettre l'irréparable, pour obéir à cette mission que tu t'étais confiée seule.

Les gens que tu connaissais te pensaient folle. Ils te trouvaient étrange. Ne comprenaient pas cette quête que tu semblais suivre. Ni à quoi elle servait. Les Prostituées, tu ne pouvais les supporter. Elles étaient souillées, sans âme. Plus encore que les noirs américains aient pu l'être, durant l'esclavagisme. Tu ne comprenais même pas comment elles pouvaient tomber aussi bas. Tu ne militais pas spécialement pour les droits des femmes, mais tu estimais qu'elles n'en faisaient pas parti et qu'elles ne méritaient aucune compassion. Tu aimais voir l'effroi dépeindre dans leurs prunelles, alors que tu tranchais leur gorge d'un coup de crocs ou à l'aide de l'un de tes ustensiles. Tu étais cependant réticente à utiliser des armes, pour la simple et bonne raison que les empruntes digitales pouvaient jouer contre toi. Tu craignais le Prince de Louisianne. Voir ta tête tomber serait regrettable... Alors que tu faisais tant pour ta race et pour ton pays. Avec un rire machiavélique, tu te souvins des gros titres qui clamaient le retour de ton maître. De Jack l'Eventreur. Il t'avait tout apprit. Comme camoufler tes meurtres, comment tuer... Tu lui devais beaucoup. Et à ton Sire également.

Tu te demandais toujours, quelque part, pourquoi cette femme t'avait changée. Pourquoi elle t'avait éreinte. Alors que tu avais voulu la tuer en songeant qu'il s'agissait d'une catin. Tu n'estimais pas qu'elle avait fait une erreur, comparé à ces corps inertes de femmes étendues sur le bitume. Elles avaient dû regretter que tu fusses toujours en vie, et non décrépie au fond de la Terre. Mais elles n'étaient plus là pour crier, geindre et pleurer. Pour te supplier de les épargner. Dieu, que tu aimais leurs supplices, leurs voix brisées alors qu'elles s'accrochaient à leur dernier espoir de voir le soleil illuminer leur journée, le lendemain... Alors qu'elles voyaient dans ton sourire et dans tes yeux que tu ne leur laisserais jamais cette possibilité. Les tuer rendait ta faim plus difficile encore, mais leur sang était bien trop écoeurant pour que tu puisses y tremper le bout de la langue. Tu ne supportais pas leur vue. Ce qui t'amena à penser à cet homme... Cet "ami". Ce mot semblait quelque peu faux à tes oreilles, mais pourtant, comment le cataloguer autrement ? Vous partagiez cet amour du meurtre, et aussi celui pour l'art. L'Art macabre remportait toutes les palmes d'or à tes yeux. Les photographies funèbres te laissaient frissonnante de plaisir.

Tes yeux s'élevèrent vers l'Astre Lunaire qui brillait dans le ciel, laissant son halo caresser ta peau. Tu tournas dans les rues pour arriver à Mid-City. Tu ignorais si son salon était encore ouvert, mais tu sentais d'un coup l'envie d'aller lui rendre une petite visite. De plus, tu voulais discuter avec lui d'une petite chose... Le tatouage qui trônait entre tes omoplates aurait été mieux avec quelques petites retouches, tu en étais certaine. Et tu ne connaissais personne de plus qualifié que Gabriel. Tu devais aussi avouer que... Tu ne connaissais personne d'autre, de toute façon. Donc, il était le plus qualifié. Ton regard passa une nouvelle fois vers le manteau noir qui couvrait le ciel. Aucune étoile ne semblait avoir percé cette lourde couche. Il ne devait pas être si tard... Surtout que l'hiver persistait. Arrivée devant la porte du salon, tu t'arrêtas. Tu ignorais qui étaient ses employés... Et si ils tenteraient de te tuer. Mais tu étais trop déséquilibrée pour y prêter de l'importance. Et trop compliquée pour que quelqu'un puisse comprendre tes raisonnements. De plus, tu aimais le danger. Tu ouvris la porte et dûs attendre quelques secondes que tes prunelles chocolatées s'habituent à la luminosité opressante.

« Hmmm.. Le patron est dans le coin ? J'ai besoin de le voir. Et je passe en priorité, puisque je le connais personnellement. »

Tu ignorais même s'il y avait quelqu'un d'autre que toi dans la pièce. Tu clignas des yeux plusieurs fois, avant de pousser un juron un peu vieillot, tel que "saperlipopette" ou ce genre de truc.

« Gabriel ?! Tu ne voudrais pas baisser un peu la lumière, chéri ? C'est un enfer, ici. »

Tu sifflas entre tes dents, mécontente. Tu avanças à l'aveuglette, et te décida, même s'il n'était pas forcément présent, à déclarer la raison de ta venue.

« J'ai un tatouage, qui date un peu... Et j'aimerais le remettre au goût du jour. Je me suis dis que tu pourrais peut-être t'en occuper... Je roule pas sur l'or, par contre. Je ne sais pas vraiment ce qu'il faudrait ajouter, surtout que je ne le vois jamais. Donc je voulais ton avis, par la même occasion. »

Ton regard commença à répondre à nouveau. Tu distinguais vaguement le fauteuil où les clients devaient s'allonger pour leur tatouage. Personne ne semblait y être, et de toute façon, ça n'aurait pas changé grand chose. Si un blanc-bec t'avait empêché d'avoir ce que tu voulais... tu l'aurais poussé, ou pire : Tu l'aurais mordu. Pas vidé complètement... Simplement, tu lui aurais fait passer l'envie de t'agacer. Tu enlevas la veste qui couvrait tes épaules et le haut que tu portais. Tu ne voyais toujours pas grand chose, et tu détestais ça. Tu t'allongea ensuite sur le ventre, n'en attendant pas plus, te frottant les yeux en espérant que ça changerait quelque chose.

« Pendant que j'y suis, tu n'aurais pas une réserve de sang... ? Non parce que j'ai les crocs. Mais je m'en passerai, si t'as rien. A moins que tu acceptes de sacrifier quelques employés ? »

Il s'agissait là d'un trait d'humour... Assez spécial. Mais tu étais étrange, et tu le savais. De plus, Gabriel était parfaitement au fait de ta condition. Tu ne lui avais pas vraiment caché. Et maintenant que tu en parlais, il était vrai que ton estomac grognait. Tu ne te permettrais pas de mordre Gabriel, mais n'importe qui d'autre...


Dernière édition par J. Midnight Monroe le Mer 18 Jan - 11:21, édité 2 fois
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Gabriel D. Soane

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MessageSujet: Re: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Ven 13 Jan - 14:39


« GHASTLY MEETING »


    L'opaque voile de sorgue avait recouvert le centre ville sans qu'il n'en distingue même la lointaine arrivée. L'astre sélénite remplaçait déjà son amour diurne en guise de prémisses à la présence vampirique, un fait devenu illustre avec le temps et qui ne surprenait guère plus personne. La plèbe mortelle s'était accoutumée à leurs homologues sempiternels, et alors qu'auparavant ils étaient ceux qui évoluaient avec le monde, l'inverse était aujourd'hui d'autant plus véridique. Leurs deux races n'étaient pas tant disparates, leurs individus étaient du moins traités de la même façon de la part de l'îlien emprunt de tolérance... Ou simplement d'apathie. Il avait été quelques années durant l'un des bras vengeurs et arbitraires du gouvernement, un préservateur de l'espèce humaine avant même la naissance du Requiem. Une époque dont il se souvenait non sans une certaine amertume, encore bercé par les illusions fantasques de son humanité. Le désenchantement avait eu le temps de s'installer depuis ses premiers homicides, tous avait le droit de vivre et de défendre leur existence face à l'antagonisme. N'était-ce pas là une règle de vie ? Mais qu'était-ce que l'éthique à présent et y en avait-il seulement déjà eue à la Nouvelle-Orléans ? Son archipel ne cessait de tirailler ses viscères dans ses constantes réminiscences. L'étendue smalt et maritime lui manquait... La seule nitescence azurée qu'il distinguait à présent était le néon de présentation du commerce mitoyen qui finirait – il en était persuadé – par être brisé par quelques incubes agacés par son intensité. Une bien fluette consolation dont il se contentait les soirs de travail.

    Ils n'étaient plus que deux à tenir encore le salon éveillé pour d'éventuelles visites nocturnes. Son employée classait de nouveaux modèles de tatouages de l'un de leur catalogue tandis que lui était embesogné à l'arrière-boutique, en plein rangement. S'il n'était guère une fée du logis d'un point de vu personnel, il faisait preuve d'un scrupuleux professionnalisme dans l'accueil et la propreté de sa boutique. Sa clientèle, il y tenait et faisait tout pour la fidéliser ! Non mécontent de sa notoriété, il savait entretenir les relations nécessaires au bon fonctionnement de ses intérêts et même ses salariés étaient triés sur le volet. Pour cela, il était quasiment omniprésent, ne s'octroyant une absence qu'en certains cas particuliers comme lors d'une obligation létale. La fréquence des contrats était graduelle, un nombre croissant d'individus le contactaient pour s'offrir ses services d'Exterminateur corruptibles par la fragrance monétaire. Là encore, sa réputation à la solide genèse commençait à atteindre les oreilles de figures sociétaires éminentes dont il tairait les patronymes. Il ignorait bien où cette activité finirait par le mener et tant que ce n'était pas à l'échafaud, il s'en accommoderait. Les origines de meurtres pouvaient être si hétéroclites qu'il doutait recevoir la visite prochaine du Prince ou de l'Alpha pour crier à la condamnation, à moins que ses collègues d'antan n'ourdissent quel que complot pour intenter à sa vie. Il avait autant de chances de se faire éventrer dans une ruelle à quelques pas de son domicile que de périr d'une commotion cérébrale suite à une culbute dans les escaliers. La mort était partout, il y avait peu de raisons de s'en soucier de manière quotidienne. Après tout, il restait une nourriture probable autant par son ichor que par ses livres de chair pour les créatures qu'il côtoyait. Douce conjecture.

    Egaré dans ces pensées sans haut ni bas, ce fut le carillon de l'huis du salon qui lui fit reprendre le sens de la réalité. Bien qu'enfermé dans la pièce qui servait de réserve, il distingua sans mal la voix cristalline de la cliente dont il devina aussitôt l'identité. Cette désinvolture congénitale ne pouvait appartenir qu'à une unique personne dont il n'attendait pas la visite. Son employée – dubitative pour le coup – donna simplement une trinité de coups sur la porte derrière elle avec le dos de ses phalanges dans le but de prévenir le « patron », puis se remit à son travail. Midnight était-elle venue par simple courtoisie ? Avait-elle encore une activité aussi sordide que typiquement sienne à lui proposer ? Mieux valait s'attendre à tout avec une nymphe aussi imprévisible. Encore invisible à ses yeux, la commissure de ses lippes se tira en une risette amusée suite à son commentaire quant à la clarté des lieux, ce qu'il avait effectivement omis de tamiser. Puis vint enfin la cause de sa présence, ce tatouage dont elle lui avait d'ores-et-déjà vaguement parlé par quelques fois sans jamais s'y attarder. L'occasion d'authentifier le travail effectué et de lui donner un avis pour une fois professionnel, ce qu'il faisait toujours avec plaisir.

    Les derniers sachets d'aiguilles furent consciencieusement rangés, Gabriel se décida à passer dans la petite salle à côté, là où il exerçait son art et où se trouvait la demoiselle. Ses prunelles d'onyx scrutèrent un instant l'anatomie partiellement dénudée qui s'était installée sur le fauteuil dans l'attente de son avis. Son métier lui permettait d'admirer les cambrures voluptueuses de naïades plus belles les unes que les autres, un point particulièrement appréciable mais qui ne devait pas l'éloigner de la déontologie – ou pas trop. Il en profita pour estomper la luminosité et ainsi soulager les pauvres calots de la succube, avant de se diriger vers l'une des commodes opalines qui peuplaient l'endroit pour fureter dans un tiroir.


    « Si j'avais su qu'il en fallait si peu pour que tu te déshabilles, je t'aurais fait venir avant. » Il sortit une petite boite et poursuivit. « C'est pas une banque du sang ici. Tu peux toujours essayer de bouffer l'un de mes employés, en contre partie je risque d'avoir des spasmes en tenant le dermographe. »

    Si son phonème caverneux aurait pu convaincre du sérieux de la menace, Midnight le connaissait suffisamment pour savoir qu'il faisait preuve du même humour qu'elle. Il n'y avait aucune animosité dans leurs propos, leurs risibles provocations étaient usuelles et jamais encore l'un d'entre eux ne s'était renfrogné. Rares étaient les personnes que le métis appréciait réellement et sans raison apparente, il se retrouvait quelque peu en sa folle amie et c'était sans nul doute sa spontanéité épidémique qui lui avait permis de l'accepter dans son entourage proche. Il n'avait cure de sa nature luciférienne, il l'estimait pour ce qu'elle était – et ce qu'elle n'était pas. Il se tourna enfin vers elle en enfilant des gants en latex lilial, même s'il ne serait sans doute pas amené à retoucher l'ornementation dans l'immédiat, il veillait à un maximum d'hygiène. Le trentenaire s'approcha et dégrafa le soutien-gorge de la belle de manière à mieux pouvoir observer la structure entière de l'arabesque. Il en détailla les moindres courbures en y faisant parfois glisser ses doigts, vérifiant que l'encre ne s'était pas estompée par endroits comme c'était souvent le cas après de longues années. Une fois le tout analysé, il posa son regard sur le faciès de la demoiselle et exposa son opinion.

    « Je peux te faire quelques retouches, réinjecter de l'encre sur les traits les plus fins pour ne pas qu''ils finissent par s'estomper. Après si tu veux rajouter quelque chose, c'est à toi de me dire ce qui te plait et le budget que tu as pour que je puisse te conseiller. » Il fit volteface. « Y a des promos sur les portraits du Prince si tu veux. »

    Le pire ? C'est que cette demande lui avait réellement été faite une fois, par une adulatrice névrotique qui était presque parvenue à effrayer Gabriel. Ce dernier se dirigea vers un coin de la pièce où trônaient deux miroirs de plein pied mobiles. Il se mit à les réajuster d'une façon précise après avoir placé un tabouret de cuir noir entre les réflecteurs. Il mit ainsi en place un ingénieux jeux de miroitements pour permettre à Midnight d'apercevoir son tatouage sans risquer de se briser la nuque en pivotant la tête. Elle aurait une vue d'ensemble, idéal pour qu'elle puisse visualiser d'éventuels ajouts sur son tatouage déjà existant.

    « Assieds-toi ici. » Dit-il en lui adressant un signe de la main. « Au fait, tu as lu le journal aujourd'hui ? Deux prostituées ont été retrouvées mortes dans une rue ce matin. Quel drame. »

    Il l'observa du coin de l'oeil avec un faux air inquisiteur à l'instar d'un inspecteur cherchant à faire tacitement avouer un accusé. Il savait pertinemment qui était le responsable de ces assassinats, et si certains auraient pu éprouver un semblant de compassion pour les catins en question, cela ne lui faisait ni chaud, ni froid.
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J. Midnight Monroe

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MessageSujet: Re: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Ven 13 Jan - 18:04





« INTEREST IN BAD TASTE. »


En attendant que ton ami n'arrive, tu te dévissais la tête pour tenter d'apercevoir ne serait-ce qu'un trait de ce tatouage que tu avais jadis fait. Les raisons de ce motif t'étaient aujourd'hui oubliées. A moins que ce ne fusse un trait d'humour de ta part ? Représenter un prédateur sur ta peau d'albâtre, alors que tu en étais toi-même un... Tu t'en fichais. Ce qui t'importait, c'était cette excuse que tu avais trouvé pour aller voir ton ami sans lui avouer qu'il t'avait quelque peu manqué. Tu étais persuadée qu'il afficherait une mine renfrognée, lorsqu'il parviendrait jusqu'à toi. Tu rendais rarement ce genre de visites de courtoisies. Que voulais-tu, en venant dans cet endroit ? Même toi, tu n'étais pas réellement au fait. Gabriel t'avait toujours beaucoup plût. Le fait que tu l'eusses vu avec un cadavre aux pieds devait ajouter quelque chose à ton attirance pour lui. Ton côté déjanté, macabre, sans doute. Tu avais été fascinée par ses yeux noirs et sa peau caramélisée. Par le liquide carmin qui couvrait son épiderme. Le fait que tu puisses parler d'Art avec cet homme à l'aspect bourru ne faisait qu'ajouter au charme qu'il dégageait à tes yeux. Un admirateur de la mort, un artiste. L'homme parfait.

Lorsqu'il apparut, un sourire se dessina sur les commissures de tes lèvres. Ton visage s'était tourné vers sa personne au moment où il avait pénétré dans la pièce. Tes sens exacerbés avaient parfois du bon. Le fait de le voir réveilla quelques instincts primaires en toi, mais surtout la soif de sang. Tu tentas néanmoins de te calmer. Lui sauter à la gorge ne serait que dramatique pour ta survie. Tu étais persuadée, au vu de sa réputation, que ses talents en matière de meurtres étaient plus remarquables encore que les tiens. Il aurait fait un incube parfait. Tu n'avais aucun mal à vous imaginer, tous les deux, baignant dans un océan d'hémoglobine. Il serait divin. Mais le fait qu'il s'agisse de ton ennemi naturel n'aidait pas réellement à ce que cette vision idyllique se réalise. Il était un Exterminateur, censé défendre sa race de la tienne, et des autres créatures dans ton genre. Mais tu préférais oublier ce menu détail lorsque tu te trouvais en sa présence. Tu ne le craignais pas. S'il avait voulu se faire un manteau de ta peau, il y a longtemps que ce serait fait. La luminosité baissa, et tu laissas échapper un soupir de contentement. Tu clignas des yeux plusieurs fois, un sourire plus que ravi s'affichant sur tes lèvres en remarquant que tu étais capable d'user à nouveau de tes prunelles.

Tu lui envoyas ton poing dans l'épaule suite à sa remarque. A dire vrai, tu te serais déshabillée devant lui pour moins que ça. Mais l'avouer rendrait le jeu bien moins amusant. Et tu ne serais pas aussi tentante que tu l'étais à présent. Tu grimaças ensuite, usant de tes charmes pour le supplier d'une voix traînante.

« Et le tiens ? » Ronronnas-tu, en sa faveur. « Tu n'aiderais pas une de tes amies affamée ? »

Gourmande comme tu l'étais, tu déconseillais à quiconque de t'offrir son sang en connaissance de cause, et dans l'espoir de voir le soleil le lendemain matin. Tu frissonnas lorsqu'il dégrafa ton sous-vêtement, une moue s'affichant sur tes lèvres.

« Tu n'as pas l'impression de profiter un tantinet de la situation, là ? Il fallait me dire que tu voulais me reluquer... »

Tu haussas les épaules. L'humour restait présent dans ta phrase, néanmoins, tu n'en pensais pas moins. Depuis que tu le connaissais, Gabriel et toi aviez toujours plus ou moins flirté. Tu étais séductrice avec beaucoup d'hommes, mais davantage encore avec ce bellâtre. Le fait que tu voulusses goûter son sang et qu'il ait un air bestial ne faisait qu'ajouter à ton intérêt pour lui. Il était indéniablement l'homme le plus viril que tu connaissais. Et le regarder te laissait toute chose.

« Le budget, il n'est pas vraiment là. Tuer pour le plaisir, ça ne rapporte pas un iota. C'est dommage, d'ailleurs. Et le fait de tenir une galerie, ça n'offre pas des masses quand il y a peu de visiteurs. J'essaie d'économiser, qui plus est. Alors pour les ajouts, on va s'en passer. » Tu tournas la tête vers lui, en lui faisant un clin d'oeil. « L'injection d'encre, ça chiffre ? Tu ne pourrais pas me faire un prix d'ami ? » Minaudas-tu, en papillonnant des cils. « Pour ce qui est des portraits, ça ira. Je ne peux pas voir sa tête en peinture, alors me la faire tatouer... »

A dire vrai ? Tu ne te souvenais même plus de ce à quoi ton Prince ressemblait. Tu ne l'avais vu qu'une fois, et il t'avait fait froid dans le dos. Des émanations de puissance semblaient déferler de sa personne. Tu ignorais son âge, mais il avait de l'expérience, tu en étais persuadée. Il était obligatoire que tu te présentes une fois à lui, non que tu réitères cette désagréable expérience. Tu relevas le visage pour voir ce que Gabriel faisait avec ces miroirs, la curiosité brillant dans tes prunelles sombres. Tu ne comprenais pas réellement où il voulait en venir avec tout ça, mais tu comprendrais assez vite. D'humeur amusante, tu jetas un œil dans les surfaces miroitantes et déclaras, d'un ton nonchalant :

« C'est que je ne suis pas mal... »

Tu t'apercevais à peine mais étant donné le jeu du chat et de la souris qui s'exerçait entre vous depuis votre rencontre, cette remarque à la volée te semblait assez amusante. Même si tu étais légèrement vexée du regard strictement professionnel que Gabriel te lançait. Ok il avait fait une remarque, mais ça ne suffisait pas. Ca ne suffisait jamais. Lorsqu'il te demanda de t'asseoir sur le siège qui trônait entre les miroirs, tu t'exécutas. Tu tins ton soutien-gorge afin qu'il ne chute pas pendant que tu te mouvais avec une grâce féline et t'assis sur le tabouret. Tu jetas un coup d’œil légèrement désintéressé, reportant ton attention sur l'homme qui se trouvait face à toi. Tes joues rosirent suite à sa remarque, tes yeux venant trouver le plafond, alors que tu affichais un air pensif.

« Oh... C'est dommage... » Tu t'étouffais presque avec ces mots. « Ok, j'avoue tout. Je ne me souvenais pas de la deuxième, mais c'est possible... Cela dit, je n'aime pas le ramassi d'idioties qui trônent dans les journaux. Sauf quand ils tiennent des propos élogieux quant à l'art que j'exprime dans mes meurtres. Enfin... Leurs mots sont plutôt mécaniques, mais je suis sûre qu'ils m'adulent tous. Cela dit, sois discret. Je ne pense pas que le Prince serait ravi d'apprendre ce que je fais. Je me sens suivie, ces derniers temps. C'est désagréable. »

Tu regardas une fois encore le tatouage. Maintenant, tu le trouvais laid. Quand tu étais humaine, il t'avait tapé dans l’œil. D'autant que ce n'était pas encore réellement répandu et que cela faisait "rebelle" que d'avoir un dessin gravé dans la peau. Mais il était presque déformé. Le fait que tu te tordes dans tous les sens pour mieux l'admirer n'aidait pas, certes, mais il semblait décrépit. Ca ne te plaisait pas. Mais alors pas du tout.

« Tu saurais me retoucher ça ? Je t'offre un verre en compensation. Et puis... Donnes moi ton avis. C'est moche, non ? J'ai l'impression qu'il fait une tête bizarre. »

Il n'y avait que toi pour faire ce genre de constat. Que ton esprit fou pour apercevoir ces détails. En tout cas, ça ne changeait rien. Tu avais trouvé ton excuse pour te retrouver en tête à tête avec lui un petit moment. Tu n'étais pas très à l'aise avec le steak sur pattes qui restait ici, avec vous. Tu n'attaquerais pas Gabriel, mais tu n'étais pas certaine de savoir te maîtriser longtemps avec elle. Il fallait vraiment que tu te nourrisses, à moins de finir par dégommer tout ce qui bougeait, dont l'adonis que tu estimais. Tu te levas, alla voir l'employer et lui murmura quelques mots à l'oreille. Tu ne pensais pas qu'elle resterait longtemps si elle tenait à sa vie un minimum. Ces humains étaient toujours si peureux... Tu retournas ensuite vers le jeune homme, restant debout face à lui quelques instants, le défiant du regard.

« Sérieusement, mon ange. Il faudrait que je passe dans un bar avant qu'on sorte. J'apprécierais moyennement que tu sois obligé de me tuer parce que je ne serais pas en mesure de me contrôler. Je trouvais ces catins tellement... Ecoeurantes que même morte de faim, j'ai été incapable de m'en nourrir. De toute façon, on ne va pas faire les retouches ce soir, si ? »

Tu te souvenais encore avec dégoût de l'appétit qui t'avait ravagé à la vue des marres de sang qui s'étaient créées. L'espace d'un instant, tu avais pensé à y plonger tes doigts, à les lécher. Mais le fait que ce liquide sirupeux leur appartienne était trop inadmissible pour toi. Ton regard resta quelques instants fixé sur la jugulaire du jeune homme, avant que tu ne te reprennes, déposant un simple baiser sur sa joue avant de te rasseoir, affichant un air de petite fille sage.


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Gabriel D. Soane

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MessageSujet: Re: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Sam 14 Jan - 21:54


    Son ichor, le fluide qui coulait dans ses marbrures, celui-là même que son organe cardiaque désirait à l'instar des incubes de la cité. L'hypothèse même que son propre sang puisse être le nectar d'une nuit pour l'un de ces cadavéreux conservés ne s'était ô grand jamais introduite dans ses idées. Lui qui fut un temps si cartésien n'était pas de ceux qui possédaient de quelconques fantasmes insalubres bien qu'il n'en était pas pour autant particulièrement sain d'esprit. La curiosité n'était pas une notion existante en ce qui concernait cette pratique de sustentation vampirique - lorsque celle-ci ne s'avérait pas purement sépulcrale – et le temps n'avait pas apaisé ce fait. Peut-être était-ce la symbolique d'une soumission tacite, de demeurer à la merci du gourmand agglutiné à sa jugulaire ou de simplement octroyer son souffle de vie à autrui. Il ne s'était jamais ouvertement prononcé sur la question puisque l'opportunité ne s'était jamais présentée, son apparence et son amabilité congénitale devaient sans doute être des facteurs dissuasif. Il avait partagé son quotidien avec une fée aussi précaire qu'altruiste et le reste de son temps à occire les créatures qui avaient le malheur de croiser sa route. Non, il n'avait eu aucune occasion d'y songer, si ce n'était à cet instant précis en présence de la succube qui en avait fait la demande sur une pointe d'humour. Il lui avait semblé que ses prunelles s'étaient plus d'une fois égarées à même ses courbures gutturales avec une langueur notable, ce qu'il avait toujours jugé innocent. Peut-être ne l'était-ce pas autant qu'il ne le pensait, la question était de savoir si la belle oserait lui présenter ses crocs sans son aval pour aller purger son repas ? Dans le doute des conséquences qu'un tel acte serait à même d'engendrer, mieux valait considérer que tout n'était que le fruit de son imagination fertile. Il ne voulait guère sombrer dans la paranoïa même s'il savait pertinemment que les humains n'étaient pas à l'abri d'une morsure indésirable en dépit des décrets du Requiem.

    Elle était son amie et une invétérée chasseresse, mais elle ne jouissait pas de tous les droits, pas même en sa présence. Il connaissait parfaitement sa rancoeur envers les prostituées et ne serait pas le bon samaritain qui accourrait à leur secours, il n'avait aucun sermon moraliste à lui faire. En revanche et bien qu'il ignorait ce que Midnight avait bien pu susurrer à l'oreille de sa salariée, il n'appréciait guère qu'elle l'effraie de la sorte, car c'est ce qu'il authentifia sur le faciès de la pauvre mortelle. Cette dernière n'était pas encore habituée à être en présence de créatures nocturnes et était visiblement aussi intriguée qu'apeurée par la somptueuse féline qui jouait de tous ses charmes. Si il avait s'agit d'un client lambda, Gabriel l'aurait gracieusement raccompagné jusqu'à la sortie avec l'empreinte de sa chaussure droite imprimée sur le séant. A personne exceptionnelle, mesures exceptionnelles, il n'irait pas chercher querelle à la galeriste pour si peu au risque que cette dernière accentue la provocation dans le seul dessein de le taquiner. Il était bien placé pour savoir que les lubies féminines pouvaient être d'une indécence outrageuse et se disait fréquemment qu'elles étaient le sexe le plus à craindre des deux. Il ne se laisserait pas égarer par ces lippes mutines qui avaient emprunté la route de sa joue, ni même par son pantomime d'innocence au revers duquel elle aimait se camoufler. Il se glissa à même son échine, ses doigts vinrent chatouiller le menton de la demoiselle pour lui redresser délicatement la tête de manière à ce qu'elle puisse le voir, même si elle le voyait à l'envers.


    « Je doute qu'un hérétique dans mon genre ait quoi que ce soit à gagner en allant te dénoncer. De nous deux, je serais le plus en danger, et j'ai assez de mes problèmes pour venir m'occuper des tiens. Tue-les, bouffe-les, éventre-les tes catins, je m'en contrefous. » Il lui caressa sa chevelure. « Mais évite de t'en prendre à mes employés, je risque de moyennement apprécier. »

    Ses prunelles plongèrent sans gêne dans celles de la nymphe pour soutenir son regard durant d'interminables secondes. Sa génitrice lui avait souvent répété que les yeux étaient le reflet de l'âme, il y discernait effectivement cette nitescence de désinvolture qui la caractérisait tant, puis nombre de choses ineffables et auxquelles il ne pouvait réellement donner de sens. Midnight était une toile trop abstraite pour être convenablement interprétée par quelqu'un d'autre que son auteur, trop sibylline et attractive pour être ignorée. Elle avait sa place dans le musée de ses connaissances, même s'il doutait être un jour en mesure de tout connaître d'elle. Pour le moment, il se contenta de lui ployer un maigre sourire en relâchant sa délicate prise pour la libérer, puis de se pencher en direction de son employée qui avait vraisemblablement compris le message et se préparait à quitter les lieux après avoir annoncé son départ. L'heure était déjà avancée et Gabriel n'avait aucune raison de la retenir, il lui octroya le droit de venir plus tard qu'initialement prévu le lendemain, en compensation de sa présence ce soir. Voilà qu'ils se retrouvaient en binôme, seul l'un avec l'autre pour le meilleur... Et pour le pire.

    L'îlien revint auprès de la belle, posa une main sur son épaule et l'encouragea à se tenir bien droite sur le tabouret en appuyant sensiblement sur son épine dorsale. Il se pencha alors pour observer une nouvelle fois le tatouage, qui ne figurait certes pas parmi les plus admirables qu'il ait déjà aperçus, mais qui possédait son charme et sa facture. L'encre n'avait néanmoins pas la même qualité que celle qui était utilisée de leurs jours, d'où les quelques ornementations estompés notables. Il ne pouvait blâmer le temps de faire son oeuvre, après tout même s'il ignorait de quand celui-ci pouvait dater, la succube elle n'était pas issue de la dernière giboulée. D'ailleurs, comment pouvait-on vivre si longtemps sans être assailli par la monotonie de la vie ? Même s'il le voulait un jour, il n'était pas sûr d'être capable d'assumer un probable statut de vampire... Il finirait certainement par quémander l'extermination au premier prédateur qu'il croiserait. Mais là n'était pas la question !

    « J'ai pas pour habitude de juger les goûts des gens, je m'intéresse de plus près à la qualité de leurs tatouages et à ce qu'ils attendent de moi. Mais si tu veux vraiment mon avis... C'est pas du sale boulot et ça reste en harmonie avec ta silhouette. » Il marqua une pause durant laquelle il retira ses gants. « Repasse demain, je m'occuperai des retouches. Il n'y en a pas tellement à faire, je te les offres. » Il glissa ses mains jusqu'aux hanches de Midnight et la regarda dans le miroir qui leur faisait face. « Va pour le verre, même si je me sens un peu arnaqué pour le coup. »

    Elle n'était pas la seule à pouvoir faire preuve de taquinerie par le biais de répliques plus ou moins douteuses et dont on ne savait généralement quoi penser. Là était leur jeu, l'autre comprendrait ce qu'il voudrait bien comprendre. Soudain et pour clôturer sa phrase, il lui pinça les hanches pour la faire sursauter avant de la relâcher. La partie anatomique qu'il préférait chez une femme, ces convexités latérales qu'il aimait pleines pour mieux pouvoir les saisir, car ces hanches étaient bien souvent un point sensible de cette gente. Des cambrures sybarites qu'il ne pouvait qu'apprécier chez sa collègue de meurtre, qui aurait pu se vanter de l'inverse ? Ce fut donc comme s'il ne s'était jamais rien produit que Gabriel envoya la paire de gants directement dans la poubelle métallique non loin de là, puis rangea deux ou trois éléments qui trainaient tout en réfléchissant à la proposition – ou la quasi injonction – de la naïade concernant son repas. Plus d'une fois il avait été amené à pénétrer dans ces antres de concupiscence où des cataractes d'hémoglobine se déversaient dans les moindres recoins. Il n'aimait guère cette ambiance morbide et les oeillades affamées et expressives qui lui étaient souvent adressées. Néanmoins, il n'avait effectivement aucune envie d'être le témoin d'une soudaine dipsomanie sanguine, du moins pas ce soir. La journée avait été interminable et les cris d'agonie d'une quelconque victime risquaient de l'éreinter d'avantage. Si un bon verre de bourbon ou une chopine de bière n'était donc pas de refus, le parcours pour y parvenir s'annonçait complexe. Ah, les vampires...

    « Tu m'en demandes beaucoup ce soir, t'aurais pas pu penser à manger avant de venir ? Et ton repas, tu le veux sur place ou à emporter ? » Il opina négativement du chef en soupirant. « Tu te dépêches alors, pas comme la dernière fois où tu te bidonnais en voyant ce mec me reluquer comme un steak tartare. D'ailleurs, je te retiens, pour cette fois-là ! »

    C'est qu'ils avaient vécu plus d'aventures ensemble qu'on ne pouvait le croire, bien que pas toujours des plus salutaires.
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MessageSujet: Re: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Lun 16 Jan - 9:19





« INTEREST IN BAD TASTE. »


Tes yeux fixaient le reflet de Gabriel. Le fait de sentir ses doigts sur ton menton ne te déplaisait pas. Ce que tu appréciais un peu moins, c'est le ton qu'il employait. Tu avais réellement l'impression de retomber en enfance, lorsque ta marâtre te grondait pour les gestes que tu avais pu faire et qui ne convenaient pas. Les souvenirs t'envahirent, te montrant cette femme que tu haïssais tant. Tu la voyais dans une position de faiblesse, alors que tu la rouais de coups, plantant ton arme encore et encore dans la chair tendre de son corps. Elle l'avait mérité. Pour toutes ces fois où elle ne s'était pas cachée de son "métier". Pour toutes les fois où tu avais pu être témoin de son plaisir et des ébats charnels des deux sexes. Alors que tu n'étais encore qu'une gamine qui n'y comprenait rien et qui trouvait ces choses écœurantes. A cause d'elle, tu avais toujours du mal à t'adonner à ce genre de pratiques. Ton véritable et seul plaisir était le meurtre. Ton ami, ton amant. Le seul qui te faisait te sentir entière et vivante. Alors que tu n'étais qu'un corps vide dont les sentiments n'étaient créés que par ton imagination débordante. Tu ne ressentais rien. Tu n'étais qu'une coquille, qui tentait de retrouver un peu de son humanité perdue tout en savourant les joies de l'immortalité. Si tu n'avais pas vécu aussi longtemps, tes prunelles sombres n'auraient jamais pu se poser sur le visage légèrement acariâtre du jeune homme.

Au final, tu étais assez ravie d'avoir fait sa connaissance. Tu n'avais pas l'habitude d'avoir des amis, et tu étais persuadée de pouvoir compter l'exterminateur comme tel. Néanmoins, vos natures respectives te forçait à rester sur ta garde et à tenter de ne pas l'irriter. A te brider, d'une certaine manière. Tu n'aimais pas réellement ça, mais tu tenais à le garder. La phrase au ton froid qu'il prononça te fit te raidir. Tu retroussas légèrement les lèvres, faisant apparaître tes crocs. Tu pouvais être plus primitive que les animaux, lorsque tu le désirais. Mais puisqu'il caressait tes cheveux, tu te forças à te calmer. Tu n'allais pas lui sauter à la gorge, de toute façon. Encore une fois, tu étais heureuse de le connaître et le perdre t'attristerait. Peut-être pas jusqu'à la fin de tes jours, mais assez longtemps pour que la vie devienne insipide et que tu finisses par t'en lasser. Tu ne t'étais jamais préoccupée du fait de mourir. Comment faisaient les vampires ? Peut-être attendaient-ils de pouvoir marcher au soleil, pour la dernière fois et la première fois depuis longtemps... La souffrance qu'ils devaient endurer te fit frissonner d'effroi. L'Astre du jour t'avait de nombreuses fois brûlée, lorsque tu avais tenté par un élan d'intrépidité de sortir du manoir de ton sire, dans tes jeunes années. Tu te souvenais avec une grimace de la peau de tes mains qui s'était laminée et de la souffrance que tu avais ressenti.

Plus jamais cette chose ronde et lumineuse ne te toucherait. Même si tu ne désirais plus cette vie. Mais tu n'étais pas du genre à broyer du noir, et tu finis par penser à autre chose. Alors que les yeux de l'Exterminateur te fixaient, tu détournas le regard et te tournas vers lui.

« Désolée. Je ne toucherai plus à tes employés... Mais tu sais, je voulais juste la prévenir que j'avais faim et qu'elle risquait sa peau. J'ai voulu être gentille. »

Tu fis la moue. Ce n'était pas réellement vrai, mais pas réellement faux non plus. Tu l'avais mise en garde, mais tu n'avais jamais pensé à la protéger. Le fait que tu voulusses rester en tête à tête avec Gabriel devait sans doute jouer. Il te plaisait beaucoup, et tu n'étais toi-même qu'en sa seule et unique présence. Le fait qu'il y ait d'autres personnes t'agaçait. Te replaçant sur la chaise convenablement, tu laissas ton regard s'attarder brièvement sur les courbures du corps de l'homme. Tu aurais bien planté tes canines acérées dans sa peau... Le fait qu'il soit si attirant à tes yeux ne faisait qu'accentuer ton envie de te repaître de lui. Mais qu'un Exterminateur laisse un vampire se sustenter sur lui était risible. Tu étais consciente que Gabriel n'apprécierait pas. Toi et ta race étiez des abominations à leurs yeux. Tu étais déjà ravie qu'il t'accepte aussi près de lui. Mais ce n'était que parce qu'il était différent. Un mercenaire qui se fichait d'être barbouillé du sang de sa propre race. Un tueur. La demoiselle quitta les yeux, et tu souris. Tu ne regrettais pas de l'avoir effrayée. Au moins, tu avais ce que tu voulais. Ce n'était sans doute pas la meilleure méthode, mais tout le monde savait que tu étais incompréhensible et incohérente. Ainsi qu'imprévisible.

Tu grognas légèrement en sentant le doigt du tatoueur se planter dans ton dos pour te forcer à te tenir droite. Il ne savait pas demander ? De toute façon, tu aurais rechigné quand même. Les ordres, très peu pour toi. Tu n'en avais jamais réellement accepté de Jack et de ton Sire, alors de lui... Mais pour lui plaire, tu serais capable du pire, comme du meilleur. Sentir ses mains sur ton dos t'était agréable, malgré les gants. Tu hochas la tête suite aux quelques remarques qu'il dit. Pas du sale boulot ? Mouais. Demain... C'était un rencart ? Il était absurde que tu penses à ça, mais c'était pourtant la seule idée qui te venait en tête. Le point positif était que tu le reverrais rapidement. Un sourire s'étira sur tes lèvres lorsqu'il te déclara qu'il t'offrait les retouches. Tant mieux ! Mais ta risette disparut rapidement lorsque ses mains découvertes vinrent à frôler la peau de tes hanches. Ca ne te déplaisait pas, loin de là. Et c'était justement le hic. Arnaqué ? Et pourquoi ça ? Tu étais consciente de la réticente de ton ami pour les bars à vampires. Mais tu doutais réellement qu'il puisse apprécier de sentir tes crocs se planter dans sa gorge. D'autant plus que ta gourmandise n'avait aucune borne, et que malgré les années, tu avais toujours autant de mal à te contrôler.

« C'est "cool" que tu me dépannes. Et allez vas, je ne te demande pas la lune. Tu n'aimes pas sortir avec moi ? Il me semblait pourtant que nous nous amusions bien... » Tu lui jetas un coup d'oeil entendu, un sourire espiègle apparaissant sur ta bouche. « Hey ! » Ajoutas-tu, lorsqu'il te pinça la peau des hanches. « Tu cherches la bagarre, toi... J'accepte de prendre les paris sur celui qui aura le dessus. »

Joueuse, tu te doutais que si vous veniez à vous battre, le match serait équitable. Et surtout, tu savais pertinemment qu'il ne parierait pas pour toi. Gabriel jeta ses gants dans la poubelle non loin et tu te retournas pour lui faire face. Ton sous-vêtement était toujours dégrafé, mais tu n'en avais cure. Tes prunelles acajous perdirent un peu de leur éclat taquin sous sa remarque. Néanmoins, l'anecdote qu'il cita t'arracha un éclat de rire franc. Tu te souvenais nettement de cette soirée. Inoubliable. Le vampire avait semblé autant intéressé par sa musculature et la beauté animale qui se dégageait de ton ami que de son sang. Un peu comme toi, en fin de compte. Tu aurais peut-être dû tisser des liens avec le vampire en question. Vous sembliez avoir des goûts similaires... Tu caressas la joue du brun, tes doigts s'attardant sur la courbe de ses lèvres.

« Promis, je ne serai pas longue. Je prendrai des sachets, même si je déteste ça. Hmmm... Si on te demandait de choisir entre un bon steak saignant et des légumes avariés, tu choisirais quoi, toi ? Hein ? Nous sommes incompris. »

Tu te penchas pour déposer un bref baiser sur ses lèvres avec un sourire amusé, avant de te débattre pour remettre ton soutien-gorge en place. Tu n'avais jamais réellement réussi à les mettre toute seule, mais tu y parvins au bout de quelques minutes. Demander de l'aide à ton ami aurait été dégradant. Les femmes avaient obtenu leur indépendance, après tout !

« Et pour ce qui est du Vampire... Il n'a pas mauvais goût. Mais tu aurais vu ta tête ! Comment tu peux me demander de ne pas rire ? J'ai cru que tu allais le tuer. Ca aurait été marrant... »

Tu laissas ta phrase en suspens, allant chercher ton t-shirt noir avant de remettre ta veste en cuir. Tu n'avais pas réellement d'idée pour l'endroit où aller. Les bars à vampires ne manquaient pas mais tu n'avais envie de croiser personne. Tu n'avais pas honte de tes fréquentations - puisque tu te fichais de ce que l'on pouvait penser de toi - mais Gabriel n'apprécierait sans doute pas d'avoir affaire à tes connaissances. Elles ne le considéreraient pas mieux que l'avait fait ce vampire qu'il avait cité. Et tu ne pourrais même pas le revendiquer comme étant tien. Tu n'avais jamais compris comment faire.

« Tu viens, mon chou ? »

Tu ne l'attendis pas avant de quitter la pièce, l'air frais te fouettant le visage. D'un coup, tu te sentais prise de l'envie d'avoir un engin que tu pourrais conduire. Une moto ronronnante, par exemple... Mais tu n'en avais pas les moyens. Des humains se baladaient dans les rues sombres, et tu eus plus d'une fois l'envie d'oublier que Gabriel n'apprécierait pas. Néanmoins, cette idée te revenait toujours violemment en mémoire, t'arrachant des grognements. Tu vérifias que l'Exterminateur suivait et te dirigea vers un endroit assez peu en vogue qui te permettrait de trouver une poche de sang sans débourser trop de fric. Tu murmuras à l'oreille du barbu que tu reviendrais vite avant de disparaître dans l'antre. Tu commandas ensuite ton hémoglobine préférée et ressortis en moins de cinq minutes, le sachet à la main et les crocs plantés dedans. Tu te fichais d’écœurer le jeune homme. Ce n'était pas lui qui allait rechigner devant du sang, vu tout ce que tu avais vu... Tu te souvenais de la première fois où tu l'avais aperçu, le liquide carmin le couvrant de la tête aux pieds. Ce qu'il avait été séduisant... Tu vidas rapidement le contenu de la première poche, t'en enfilant ensuite une autre alors que vous marchiez. Tu vidas le deuxième conteneur avant de les jeter tous les deux dans la poubelle la plus proche.

« Une suggestion pour le bar ? » Demandas-tu d'une voix monocorde. « Et puis... Comment je suis ? Ca va mieux ? J'ai moins l'air d'un cadavre ambulant ? »

Tu minaudas quelque peu, tournant et retournant sur toi-même. Tu attrapas la main de Gabriel et l'enferma précieusement entre tes doigts. Tu ne savais pas si vous croiseriez des vampires sur le chemin, mais autant qu'ils ne se doutent de rien. De plus... Si cela pouvait te fournir une excuse pour le toucher, c'était encore mieux. Tu te léchas les lèvres, l'estomac encore un tantinet grincheux. Mais tu étais calmée. Tu en aurais bien bu encore une ou deux, mais au moins tu ne sauterais pas sur le premier humain que tu croiserais.

« Ce soir, je veux faire la tournée des bars ! Mais tu aurais une montre ? Je me suis jamais vraiment habituée. Et il faut que je vérifie l'heure. L'aube et moi, on est pas très copines. Tu sais, le soleil est mauvais pour mon teint. Si tu pouvais éviter de me ramener en tas de cendres chez moi... »

Tu haussas les épaules, comme si cette éventualité t'importait peu. En effet, la vie n'était qu'un jeu à tes yeux, et mourir en faisait parti. Ce serait le "Game Over". Mais Gabriel savait sans doute que tu plaisantais. Le cynisme était présent dans ta ponctuation, de toute façon. Tu voulais te détendre, ne plus penser à rien d'autre qu'à lui et toi. L'alcool te faisait peu d'effet mais peut-être que tu pourrais te lâcher et exprimer plus clairement tes intentions. Il devait être aveugle pour ne toujours pas avoir comprit, mais quand même. Tu ne lâchas pas sa main, attendant simplement qu'il te dise où aller alors que tu te mettais devant lui, à une proximité légèrement alarmante pour un humain lambda. Mais par pour lui. Tu décidas de t'octroyer un petit plus, avançant vers lui jusqu'à te blottir dans ses bras. Ton visage se nicha dans le creux de son cou, mais tu ne tentas jamais d'y goûter. Tu restas simplement là, sans bouger, appréciant de sentir la chaleur de son corps contre la fraîcheur du tiens.
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Gabriel D. Soane

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MessageSujet: Re: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Jeu 26 Jan - 0:07


    Un cadavre, ce n'était qu'un être en moins sur cette terre. Tous étaient destinés à retourner à l'état de poussière, un jour ou l'autre, que leur existence dure un décade comme une myriade d'ères. La pérennité n'était qu'une utopie, un simple aphorisme permettant de résumer la condition de ceux possédant une espérance de vie différente de celle humaine. Nul n'était réellement immortel comme certains se plaisaient à l'avancer, Gabriel était sans doute le mieux placé pour le déclamer. Ses mains étaient maculées du trépas de nombre d'âmes, d'innocents comme de coupables, de l'humanoïde fallacieux au quidam lambda. Qu'importait leur quintessence, il avait vu leur dépouille suinter, leurs yeux extirpés de leurs cavités, les crocs brisés et leur magie éteinte à jamais. Un mort n'était qu'une enveloppe corporelle délaissée, ce n'était qu'un pas vers une destinée inconnue de leur vivant. Il ne faisait qu'apporter son aide dans la traversée des Rives du Styx, s'improvisant Faucheuse et Passeur à la fois. Alors qu'il avait le meurtre si facile, comment aurait-il pu condamner Midnight pour ses propres tueries ? Un péché si véniel à ses prunelles. Il n'y avait que peu de gens dont il estimait la préciosité, peu qu'il désirait ne pas voir envoyés dans l'âtre flamboyant de la Mort. Considérait-il suffisamment cette dite employée pour que jamais des canines ne viennent directement perforer son aorte ? Sûrement pas. Ce n'était pas non plus la bestialité sanguine de sa compagne de sorgue qui l'avait encourageait à la remettre à sa place. Les salariés faisaient néanmoins partie du bon fonctionnement de son entreprise, c'était à cela qu'il jugeait bon d'intervenir, ne voyant en cette protection occasionnelle que la préservation de ses intérêts professionnels. En cas de perte d'un bon élément, les candidatures n'étaient heureusement pas rares... Les bonnes candidatures l'étaient en revanche plus. L'égoisme amenait souvent à la prudence, et la prudence à la survie.

    L'allégorie de la viande et des légumes lui légua une risette amusée et un rire à moitié étouffé. Il lui ployé volontiers ce point, lui qui n'était qu'un invétéré carnivore. Néanmoins, la différence était notable : lorsqu'il mordait à pleines dents dans son steak, ce dernier ne hurlait et ne se débattait pas ! Songer à l'inverse était étrange et il préféra s'abstenir que de s'imaginer croquer à même la côte d'un boeuf encore vivant. Ce qui le fit oublier cette illustration mentale ? Un chaste baiser déposé à même ses lippes et auquel il n'eut pas même le temps de répondre par manque de lucidité. Ses calots naviguèrent jusqu'aux lèvres mutines de la succube, avant de l'étudier de la tête aux pieds lorsqu'elle lui tourna le dos pour réajuster son sous-vêtement. Si l'îlien n'avait pas résorbé sa subite lubie, il aurait été tenté de lui arracher les habits qu'elle portait encore pour lui faire connaître les conséquences d'un comportement trop enjôleur. Peut-être n'attendait-elle que cela, Gabriel lui-même se demandait encore ce qui l'avait jusqu'ici empêché de laisser cours à ses fantasmes les plus concupiscents. Sans doute voyait-il d'avantage la vampire que la femme, il doutait que sa dipsomanie ne se manifeste guère en sa présence. Mais au fait, pourquoi s'était-il lancé dans une introspection alors que la belle l'attendait pour entamer leur soirée ?

    Midnight était d'ores-et-déjà à l'extérieur lorsque le métis se décida à éteindre les lumières et à enfiler sa veste. Un fois l'huis de son domaine close, il entreprit de la suivre jusqu'à ce fameux lieu de rassemblement nocturne, où ésotérisme rimait avec débauche. Bien que l'attente fut courte, elle fut également suffisante à ce que l'Exterminateur authentifie ce bar dont il n'avait pas connaissance. Un nouveau ? Il était toujours bon d'être au fait de structures telle que celle-ci, dans lesquelles il serait éventuellement amené à fureter à la recherche de l'un de ses martyrs. Les oeillades venimeuses de ceux qui pénétraient dans l'antre étaient des invitations tacites à en faire de même et une interrogation primordiale tronqua son esprit : pourquoi semblait-il tant intéresser la gente vampirique aux abords de ce genre d'endroit ? Rares devaient être les quidams de sa prestance à y être aperçus, le trentenaire exultait une aura prohibitive qui – paradoxalement – enivrait plus qu'elle ne dissuadait selon les circonstances. Lorsque venait s'ajouter le fait qu'il était un Exterminateur, la volonté de certains de se repaitre de son nectar sanguin s'en retrouvait décuplée. Il se remémora alors la métaphore de la nymphe... Et eut le malaise de se sentir comme un steak ragoûtant et bien cuit au centre d'une assiette nivéenne. Mais avant de sentir une fourchette lui transpercer le coeur, il ne fut pas mécontent de retrouver son amie et de s'en aller. A présent qu'elle était repue – même partiellement – ils allaient enfin pouvoir entamer une soirée digne de ce nom.


    « Je te foutrai dans une urne et je te mettrai en décoration, au pire. Mais oui j'ai l'heure, sinon il suffit de voir quand tous les vampires commencent à se tirer des rues. Et... » Il glissa son pouce sur la commissure des lippes de la belle pour lui retirer une macule de sang. « Là, c'est mieux. »

    La douce poigne du colosse se referma un peu plus sur la main de la succube qui créa un contact entre leurs deux corps. Qu'elle lui semblait précaire, là, au creux de ses bras. Il avait cette curieuse impression de pouvoir la briser s'il avait le malheur de ne pas mesurer sa force, l'abimer ne serait que superficiellement aurait été un affront à une oeuvre unique de la Nature. Ceci étant, il ne ressentait aucune envie de la repousser. Au contraire. Sa main encore libre de ses mouvements se logea dans la partie basse de son échine, la blottissant d'avantage contre lui. Visibles à l'attention de qui ne faisait que passer, quiconque aurait pu leur octroyer le statut de couple sans connaître les détails de leur relation. L'amour était une notion qu'il avait aujourd'hui oubliée, elle avait péri l'illusion de ce qu'avait été le monde, avec son Eveil et sa psychose notoire concernant l'éventuelle nature féerique de sa fille. Aujourd'hui encore, il était obsédé par cette question restée sans réponse et dont il redoutait le dénouement, qui avait fini par détruire son couple et sa vie de famille. Sans doute était-ce un mal pour un bien, il ne portait plus en son coeur la peur des retombées de ses crimes sur les êtres qui lui étaient chers. Cela ne l'empêchait néanmoins pas de veiller à distance sur la chair de sa chair, sa merveilleuse enfant avec laquelle il n'avait échangé mot depuis si longtemps. Mais ce n'était guère le moment de conjecturer sur le sort de sa fille, il avait grand besoin de se changer les idées et il n'aurait été qu'un sot de ne pas profiter de la présence de la belle à ses côtés. Il plongea un instant son faciès dans la crinière de Midnight pour en humer l'arôme, puis se recula sensiblement dans le but de la distinguer. Il lui adressa une frêle risette qui précéda un clin d'oeil, puis entama la marche en gardant sa main dans la sienne pour l'inviter à le suivre de près. Fin habitué des bars, il était un adepte des meilleurs adresses et n'avait pas l'intention de faire faux-bond à ses marottes. Rapidement, ils parvinrent aux abords d'un endroit fréquenté mais dont l'entrée n'était pas autorisée à tout le monde. Le colosse n'eut qu'à adresser un signe au garde-fou pour que celui-ci ne les laisse entrer non sans mielleusement saluer la succube auparavant.

    Une fois à l'intérieur, Gabriel laissa la dryade ouvrir la marche en lui désignant une table libre non loin du comptoir. Il ne fallut pas plus de quelques secondes d'inattention pour que la belle soit la cible de fougue masculine. Il avait eu le malheur de lui lâcher la main le temps qu'une autre demoiselle daigne s'écarter pour qu'il puisse passer, c'est alors qu'il l'avait pris en flagrant délit : ce quidam assis qui s'était retourné sur le passage de Midnight pour redessiner les courbes de son séant de façon libidineuse. Elle ne lui appartenait aucunement, mais nul n'aurait le droit de la reluquer ainsi en sa présence, et il s'en allait le faire savoir à qui oserait outrepasser les lisières du raisonnable. Lorsque ce fut au tour de l'Exterminateur de se faufiler derrière le voyeur, il lui asséna une grande tape derrière le crâne dont le heurt se répercuta dans la salle. L'homme, outré, voulut se faire immédiate vengeance avant d'apercevoir l'épaisseur et la mimique assassine de son agresseur. Le message n'eut nul besoin d'être verbalement retranscrit, l'inconnu préféra se noyer dans son verre en changeant de teinte et sans demander son reste. L'îlien rejoignit ensuite son amie pour s'installer à ses côtés


    « Donc... Tu payes la tournée je suppose ? » Il la lorgna. « A moins que ce ne soit un subterfuge pour que je finisse ivre mort. Dans ce cas là, je te préviens, tu te débrouilles pour me porter et me coucher. » Il leva l'index. « Et évite de m'abandonner sur le sol de ma cuisine, cette fois. Pour information, si je refuse de bouger tu n'as qu'à jeter un morceau de viande et je courrai après. »

    Un ricanement lui échappa à la perspective de cette idée. Le pire dans tout ceci ? C'est qu'il savait qu'elle en était capable et qu'il risquait de retrouver des steaks sous son oreiller.
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J. Midnight Monroe

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MessageSujet: Re: « Calling of blood. » feat. Gabriel ♥. Sam 28 Jan - 14:45





« PLAYING WITH FIRE. »


La présence de Gabriel t'apaisait, te rendant aussi fluette qu'une adolescente et aussi troublée. Tu étais étrange, et tu le savais. Pourtant, Gabriel était ton ami, et seul ton cœur flétri était au fait de l'attirance gargantuesque que tu ressentais à son égard. Sa présence te faisait frémir, te faisant oublier tout le reste, ou presque. Ses beaux yeux aux reflets mordorés te laissaient pantoise autant qu'ils te fascinaient. L'air frais s'attardait sur ta peau d'albâtre, mais tu n'en avais cure. Tu sentais bien entendu les changements de température, mais la chaleur était la seule chose qui était susceptible de te mettre mal à l'aise. Et pourtant, tu rêvais de goûter à celle de Gabriel. Son corps t'appelait autant que son esprit. Il était extrêmement étrange que deux personnes aussi radicalement opposées soient amies. Comme vous l'étiez. Mais étiez-vous si différent l'un de l'autre ? Grand Dieu, non. Le meurtre était l'un de vos intérêts communs, comme l'art. Qu'il soit jeté contre une toile ou projeté sur un corps. Tu aurais voulu pouvoir admirer les quelques arabesques qui couvraient la peau dorée de l'Exterminateur. Pouvoir en tracer les contours d'un doigt joueur, et admirer sa personne dans son plus simple habit. Mais tu te forças à garder les pieds sur terre. Tu avais beau être totalement décalée, imprévisible et tordue, tu ne comptais pas laisser ces quelques désirs s'afficher sur ton visage. Voilà quelques temps que le jeu du chat et de la souris perdurait entre vous, et tu ne t'en lassais pas, malgré ton impatience de goûter à d'autres contrées, d'autres possibilités avec lui.

Tu grimaças après la réplique tatillonne de ton ami. Dans une urne... En déco... Tes joues rosirent néanmoins malgré toi lorsque son pouce vint à toucher le coin de tes lèvres. Tu résistas à l'envie de prendre ce doigt provocant dans ta bouche pour en effleurer l'épiderme de l'une de tes crocs. Tu ne savais pas réellement à quoi était due cette capacité que tu avais de ne pas lui sauter à la gorge. Il paraissait que le sang d'un Exterminateur était tout à fait différent, plus doux, plus addictif aussi. Et que le plaisir qui était procuré par le fait d'avoir tué l'un d'eux était indescriptible. Mais penser ne serait-ce que blesser Gabriel sans qu'il ne fusse d'accord t'était impensable. Bien entendu, s'il te déclarait qu'il était tout à fait d'accord pour que tu plonges tes canines acérées dans sa gorge, tu ne te priverais pas le moins du monde. Mais en veillant consciencieusement et scrupuleusement à ne pas le tuer. Néanmoins, te retrouver dans ses bras comme c'était le cas à présent te laissait meurtrie. Une seule pensée te traversait l'esprit : Tu ne voulais pas que votre lien ne se brise. Tu ne voulais pas qu'il parte. Tu ne voulais pas qu'il meurt. Qu'allais-tu devenir, dans des siècles, lorsqu'il ne serait plus à tes côtés ? L'amour ne serait jamais ressenti par ta personne, mais Gabriel était celui dont tu étais le plus proche et dont la présence t'était la plus addictive. Mais vous continuâtes votre route jusqu'au bar. La chaleur que le jeune homme t'avait communiqué t'avait apaisé quelque peu, mais le froid n'en fut que plus mordant ensuite.

Vous finîtes cependant par arriver jusqu'au bar que connaissait l'îlien. Le fait que vous entrâtes rapidement grâce à la présence de Gabriel te fit plaisir et ne fit qu'accroître l'admiration que tu vouais à cet homme. L'ambiance n'était pas mal. Un certain ésotérisme régnait dans ce lieu. Il manquait quelque peu de possibilités de verres d'hémoglobine, mais tu saurais t'en passer. Tu avais toujours un petit creux, mais il était plus abordable que plus tôt. Tu aurais sauté sur tous ces sacs de viande si vous n'aviez pas été t'acheter de la nourriture. Tu te faufilas en te dandinant légèrement sous la musique jusqu'à une table, adjacente au comptoir. Tu voulais pouvoir bénéficier de verres rapidement. Tu remarquas quelques regards sur ton passage qui s'attardèrent sur le creux de tes reins ou sur ton torse et dus résister plusieurs fois à l'appel de l'instinct. Tu avais envie d'enserrer leur cou fragile dans ta poigne de fer pour leur faire regretter ce geste déplacé. Mais créer des problèmes à Gabriel était la dernière chose que tu désirais. Tu étais déjà assise à ta table lorsque l'Exterminateur frappa le jeune homme dont le regard s'était un peu trop imposé sur tes courbes. Un sourire s'esquissa sur tes lèvres. Tu aimais la possessivité dont il semblait faire preuve avec toi. Tu préférais ça à de l'indifférence. Mais n'était-ce que par soucis de conventionalité au vu de votre amitié qu'il avait agit de la sorte ou à cause d'une certaine attirance ? Tu n'étais pas du genre à attendre patiemment ce genre de réponses. Il vint s'asseoir à tes côtés et tu t'installas contre lui, posant ton flanc contre le sien pour être à moitié sur lui et le déclarer comme ta propriété. Le regard insistant des midinettes t'agaçaient.

Ce que déclara Gabriel t'arracha un rire franc. Tu adorais l'humour dont il savait faire preuve, et voir un sourire apparaître sur ses lèvres te laissait troublée. Tu l'imaginais sans mal suivre l'odeur du steak pour avancer, malgré l'alcool et le sommeil, jusqu'à l'endroit où se trouverait le morceau. Et tu te souvenais de la seule fois où tu l'avais raccompagné chez lui. Le manque d'hémoglobine avait atténué tes forces et tu avais été dans l'obligation - si tu ne voulais pas le mordre - de le laisser, ensommeillé, sur le sol de ladite cuisine. Tu ressentais toujours un tantinet de culpabilité, mais tu n'avais jamais osé lui avouer que tu avais sérieusement envisagé de lui prélever quelques goûtes de son ichor. Tu savais qu'il n'aurait pas apprécié, quand bien même c'aurait été pour pouvoir le soulever jusqu'à son lit. Les vampires, dont tu faisais parti, bénéficiaient d'une force supérieure à la moyenne. Mais si la faim était trop importante, ça ne fonctionnait plus. Tu fis la moue, déposant un baiser sur sa joue.

« Oui, je te paie un verre. Et... Je n'y avais pas pensé, mais c'est une bonne idée de te saouler jusqu'à ce que tu ne puisses plus bouger, ou à peine. Je pourrais profiter de toi, comme ça... » Tu levas les yeux au ciel, te mordillant la lèvre inférieure dans un sourire. « Et puis, je t'ai déjà dis que j'étais désolée pour l'autre fois ! Et je ne savais pas que tu étais un garou... Il n'y a qu'eux pourtant pour courir après un sac de viandes... »

Tu te décalas pour le regarder et lui tirer la langue. Mais tu n'attendis que très peu de temps avant de te pelotonner à nouveau contre lui. Et serveur vint à vous et tu lui demandas deux des boissons favorites de Gabriel. Les boissons fortes ne te dérangeaient pas, et tu avais pris l'habitude de ne plus trop grimacer. Ta main vint s'égarer contre sa joue, jouant de temps à autres dans sa barbe. Néanmoins, malgré ton air joueur, tu étais toujours troublée par les pensées qui t'avaient traversées plus tôt. Tu te décidas à te pencher vers lui pour lui murmurer, à l'oreille :

« Que penses-tu de l'Immortalité ? Ca ne t'a jamais tenté ? » Tu te décalas pour plonger ton regard dans le sien. Une certaine détresse brillait dans tes prunelles. « Tu vas mourir, un jour. Et moi... Ce n'est pas au programme. » Ta voix était faiblarde, presque aussi suppliante que celle d'un enfant. « Je tiens à toi, Gabriel. Je ne veux pas que tu n'existes plus. Je veux que nous restions toujours tous les deux, à aller boire des verres, à tuer des gens... A s'amuser ! Tu ne voudrais pas devenir comme moi, hein ? »

Tes yeux brillaient sous l'émotion qui semblait transpercer ton myocarde. L'on aurait aisément pu croire que tu allais pleurer, que tu ressentais réellement des choses. Tu avais entendu dire que ceux de ton espèce pensaient ressentir des choses mais qu'ils ne faisaient que se raccrocher à leur humanité perdue. Etais-tu ainsi ? Peut-être bien. Mais une partie de toi ne voulait pas entendre la réponse de l'Exterminateur. Et tu la connaissais déjà, de toute façon. Un Exterminateur devenant un Vampire... Impensable. Impossible. Tu te levas, manquant au passage de renverser le serveur venu rapporter vos verres avant de te rendre sur la piste de danse, te mouvant sous les notes. Tu voulais oublier ces pensées qui t'avaient tant émue, tant stressée aussi d'un côté. Tu te sentais faible et démunie, avec lui. Et à la fois incroyablement puissante. Le fait que tu lui aies ouvert ton cœur à ce point était du jamais vu. Et tu regrettais, d'un côté. Tu avais pensé, pendant une demi-seconde, qu'il pourrait accepter. Avant que la réalité ne te frappe au visage. Il finirait inévitablement par mourir. A moins que tu ne lui offres ton sang pour rallonger sa vie, comme pour les lycans ? Tu ne savais pas si c'était possible, mais tu aurais adoré. La vie sans lui te semblait fade. Tu avais gâché la soirée, tu en étais consciente... Alors tu te vidas la tête en dansant comme une forcenée mais avec une certaine grâce féline dans tes mouvements. Tu jetas quelques regards dans la direction de Gabriel, sans oser retourner à ses côtés.
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« Calling of blood. » feat. Gabriel ♥.

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